II/ Les relations entre les Hommes et les prothèses.

La prothèse, une extension du corps humain.

 

La prothèse est considérée comme un outil par ceux qui n'en possèdent pas, permettant de retrouver une partie des fonctionnalités du membre perdu mais en aucun cas les sensation (en tout cas pour l'instant). Mais pour les personnes handicapées, la prothèse est bien plus qu'un simple outil. C'est une extension du corps, avec sa sensibilité et ses limites. « pour moi, la béquille est un outil, mais la prothèse fait partie de moi. Si quelqu'un appui, même tout doucement sur le bout du pied, je le sentirai. » témoigne Firoz Alizada, double amputé à la suite d'un accident sur une mine antipersonnel, alors qu'il avait 13 ans. 

Le syndrome du « membre fantôme » est très connu des spécialistes. Ce terme « membre fantôme » désigne les sensations ressenties par les amputés, comme si le membre amputé envoyait encore des informations de douleur lors de « contacts » avec les objets de l'environnement. Ce syndrome est ressenti par deux amputés sur trois. Ce sentiment est dû à l'invention par le cerveau de transmission d'information du membre perdu.

 La société est un facteur extrêmement important pour une personne handicapée et le regard des autres est parfois difficile à supporter.

Le regard des autres.

 Pour les personnes handicapées, le regard des autres est très important. La prothèse permet de passer du stade assis à celui de debout, et ainsi permettre une égalité entre les deux interlocuteurs. «  Quand j’étais dans le fauteuil, les gens me regardaient avec sympathie parce qu'il pensait que je ne serais plus capable de faire quoi que ce soit, alors qu'avec les prothèses, les gens m'encourageaient, car ils avaient de nouveau confiance en moi » (Firoz). La barrière physique imposée par le fauteuil est très importante pour cette façon de voir des gens. Ce regard peut avoir un impact direct sur la prise de conscience de « l'état handicapé » et ainsi impacter sur les actes de la personne handicapé.

Cette prise de conscience est une étape très importante. Beaucoup de personnes ne croient jamais que leur jambe ne sont plus là. « Je connais des personnes qui n'ont jamais reconnu qu’elles avaient perdu un membre. Elles n'en avaient pas conscience »« la société n'a pas été faite pour des personnes handicapées »

 La prothèse, un outil pour intégrer la société

Une personne handicapée trouve ou retrouve difficilement du travail. Le travail fait partie intégrante de notre société, et est de fait très important pour la « réinsertion » des handicapés. Travailler avec une jambe ou un bras en moins pose dans beaucoup de métier de grosses difficultés ce qui décourage les employeurs potentiel. La prothèse, en permettant un regain de certaines capacité (marcher, se servir de ses bras), permet de retrouver du travail et de s'insérer plus aisément dans la société. Les villes ont été crées  pour des hommes debout, pas pour des fauteuils roulant. Les bus, les centres commerciaux, les commerce de proximité, les appartements n'ont pas été conçu pour un fauteuil roulant, d'où la nécessitée des prothèses, quand elles permettent de marcher.

Un problème important, notamment pour les femmes, est l'aspect physique. Dans beaucoup de société, aujourd'hui encore, se marier est vitale pour les femmes tant moralement qu'économiquement. Dans un mariage, l'aspect physique constitue un problème pour les femmes portant des prothèses, souvent strictement fonctionnelles et peu esthétiques.

 La rééducation

La rééducation est une étape extrêmement importante, car c'est pendant ce moment que se joue la future réinsertion dans la société.

Le réapprentissage de la marche après avoir perdu une ou deux jambes est très difficile. « J’ai mis un an avant de pouvoir marcher correctement et six mois pour me tenir debout.» la qualité de la prothèse joue un rôle majeur. « La mauvaise qualité des prothèses en Afghanistan a rendu ma rééducation très éprouvante. Les prothèses n'étaient pas confortables et c'était une torture de marcher avec ». La volonté est une des clés de la réussite, avec le physique et l'entourage.

L'intégration dans la société est indispensable afin d'avoir un but.

Il y a des facteurs qui interviennent sur l'utilisation des prothèses. Si quelqu'un qui marche grâce à une prothèse de jambes à la migraine, ou est malade, ou ne se sent pas bien, la marche en est grandement modifiée.

 

 

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